A la recherche de mes aieux, de Faverges a Nervesa della battaglia Treviso en 2004

ou "Peddling across the land" "looking for my ancestors"

20-02-2006 maj 16-10-2013 par Claude Bandiera

Le périple : à bicyclette , 663 km (2 jours) & 734 km au retour (3 jours)

carte annecy venise italie 2004

  • Faverges (depart le 18 juillet 2004 a 2 heures du mat) / Faverges / Albertville (23 km) / Aiguebelle / Moutiers / Bourg st maurice (75 km) / Col du petit saint Bernard (106 km) / Aoste / Ivrea / Vercelli / Robbio /Mortara (313 km) (1ere etape)
  • Pavia / Lodi / Crema / Soncino / orzinovi / Manerbio / Ghedi / Montichiari / Lonato / Peschiera / Verona / ... / Vicenza / Castelfranco/ Barcon / Montebelluna / Nervesa (350 km)
  • Nervesa / Vicenza / Castiglione (238 km)
  • Castiglione / Lodi / Torino (280 km)
  • Torino / Mont cenis / Modane / St jean de maurienne / aiton / Albertville / Faverges (216 km)

Avec ma compagne Fanny

Lundi, 2eme jour aller : Mortara Nervesa 350 km

verona les arenesFatigué je le suis , bien que la nuit fut calme, me voici réveillé en sursaut a 5 h, et sans hésiter, je suis prestement on « the road again » , en moins de temps qu’un escadron en alerte , motivé par les moustiques.
Grain turc, riz, camions , et vigne , circulation intensive sur une route dite « statale « et peu large, mais les italiens visent mal, car à plusieurs reprises le coup passa si près que ma casquette tombât.
L’Italie grouille, l’Italie se grouille et moi, je me dépêche afin de ne pas finir en civet de cycliste

J’opte pour le centre ville de Pavia afin de voir autre chose de l’Italie
Belles façades ocres, jolies filles a la peau tannée, pavés, terrasses et dolce vita , cette bourgade me charme. , mais il faut reprendre rapidement l’asphalte.
La chaleur étant insupportable, je dois marquer plusieurs pauses .
A Crema, un café bien entendu, afin d’essayer d’éponger la précédente nuit sans sommeil.
Je continue à visiter les stations services, qui proposent des boissons énergétiques et la bière à des prix raisonnables.
La circulation est infernale, épouvantable, le moindre écart peut me conduire à la mort c’est la roulette italienne : vais je servir de viande hachée au risotto ?
Heureusement nous sommes non loin de Modena, la pays de la ferrari, les lignes blanches et les sémaphores ne sont qu’une toute petite indication

C’est promis « Plus jamais ça «

Marre du mais, marre du riz, marre des camions, j’opte à nouveau pour Lodi centre « oh les belles fesses, elles ne sont pas à mathieu mais belles et bien à callipyge, une des déesses italiennes »., j’adore l’Italie et les villes italiennes
A Desenzano le long du lac de Garde, un petit air d’adriatique plane au dessus de la région : palmiers, touristes, et de nombreuses péripatéticiennes proposent leurs charmes entre asphalte et mais : « sordide et affligeant »
Celles ci m’encouragent d’un signe de la main, charmant, à moins que ce soit un signe de détresse. « Non merci, excusez moi, mais j ai mon cycle leur dis-je en substance»
A défaut de beaux panoramas j’ai le temps de lire les nombreux panneaux qui longent la statale
Quelques uns sont étonnants , tel le premier :
« Mr Kazanova propose des robes de mariées » , cela ne s’invente pas Tel le second propose de la publicité pour un sexe shop », l’Italie est vraiment étonnante.

Après un petit détour sur l’autoroute que je suis obligé de quitter en portant Fanny sur le dos, Verona la belle enfin.
Pas le temps de visiter bien sur, car j’ai toujours mon cycle, de plus il est déjà l’heure de l’apéritif du soir, et Franco le cousin italien doit déjà s’impatienter devant une ombra.
Clic clac, la place, les arènes, les flâneurs , Verona tu es belle, je reviendrai sans mon cycle, avec une autre belle peut être.
Castelfranco enfin, la Vénétie la vraie, sur une petite route de campagne, la vigne, les trattorie, la forte odeur de mais, tout me rappelle cette Italie que nous connaissions « une volta » , durant les vacances.
625 km d'enfer pour un peu de bonheur.
A présent la nuit est bien avancée, les italiens discutent sur les places, les batraciens croassent, , la nuit italienne est envoûtante
La nuit noire a présent, les panneaux inexistants en italie, “scusi la strada per”, je suis obligé de réviser mon italien, hanté par la peur de finir au fond d’un champ de mais, mais je m’en sort plutôt bien, puisque me voici presque arrivé.
Giavera, Bavaria , la via del paradiso enfin, la dernière côte menant a la maison de mon grand père, et à présent de mon cousin : est tuante.
21 h franco très inquiet est bien la . Ouf, Ciao, “bevi une ombra ....... ”

 

Après ces quelques jours passés , à manger, boire et raconter, entre visites des chapelles, des vivants et des morts il me faut bien repartir

Retour

1er jour Retour Nervesa della battaglia (Vénétie) – Castiglione 238 km

Nervesa della Battaglia in italia Treviso VenetoLe carillon, de Nervesa égrène sa mélodie, l’orage gronde au loin, la venetie qui a soif attend impatiemment cette pluie .
J’opte pour les petites routes , en effet le parcours entre campagne, canaux d’irrigation, est envoûtant, mais je louvoie, les kilomètres s’accumulant parfois en boucles.
Je suis obligé de sortir de ma réserve légendaire « Scusi la strada per « . « Prima a sinistra, dopo primo il secondo grain de mais… »
Apres cette partie de campagne , A Vicenze je retrouve la ville , le centre est tellement beau que j’en effectue deux fois le tour
Je réussi a éviter Verona et sa marche d’approche sur ses artères grouillantes.
Me voici a nouveau en Lombardie, « orage o désespoir » d’immenses éclairs zèbrent toute la voûte céleste, la pluie cingle ma capote, mais Fanny résiste
Tête baissée dans le guidon, yeux fermés je dors presque
« Ciao ciao « entends-je tout a coup, « Tiens, déjà un ange qui m’accueille en enfer ? » Ma dio bestia, c’est Callipyge de Mantoue qui vient de me doubler.
Voici miss mais, à VTT, ruisselante de pluie dans son body, à damner un sacristain.
« T’es d’où toi lui dis je dans la langue de Dante ? » « Nous conversons quelques trop courtes minutes », je lui propose un petit coin de parapluie, ou la moitiè de ma capote moite » mais : damnation, la pluie cesse et nous devons nous séparer.
Chacun sa route, chacun son chemin, la pluie bienfaitrice ayant cessé, je louvoie sur de belles collines.
Solferino, Rivoli, non , nous ne sommes pas à Paris, mais bien sur les lieux de batailles de Napoléon.
La pluie ayant repris, je décide de dormir sous le préau de la salle paroissiale d’un hameau de Castiglione
Ou Don Andrea et ses ouailles m’offrent un café.
«Roublou rababla » , nous parlâmes ainsi l’italien, le vrai , la bière aidant, l’occasion est belle , le curé intéressant en effet, ici, en Italie on parle essentiellement le patois , le dialecte local.
Et si en Vénétie je comprends cette douce musique , les Lombards, ces sauvages je ne les entends pas du tout.
La nuit sera donc à l’ombre de la chiesetta gérée par Don Andrea.

2eme jour retour Castiglione Torino 280 km

Réveillé par le doux carillon , fourbu et urbi, le départ est rapide, car de tente nul besoin de la plier , ayant dormi sur le parvis.
Voici le piémont à présent et ses immenses rizières bordées de haies de ciprès , mais l’arrivée est encore si loin.
Je réussi durant plusieurs kilomètres à parcourir cette belle campagne sur le jolies routes désertes.
Mais a l’approche de Turin, il faut reprendre la route principale sous une chaleur torride.
Le flot de la circulation et les bières, me saoulent.
Turin, est horrible, infernale avec ses 30 kilomètres d’artères urbaines moches.
22 heures, je fais une pause dans un cabanon a pastèques, et me paie une belle tranche de vie, le long de cette artère pétaradante , et parmi les indigènes en goguette
Sorti enfin de la ville, je me glisse subrepticement dans un fourré ou j’en sortirai bouffé par les moustiques.

3eme jour retour Torino Faverges 216 km

Il fait encore nuit, mais je dois filer d’ici, avant que la circulation et les moustiques ne me tuent.
Les Alpes sont à nouveau la, devant moi, la route est belle et déserte, les camions étant considérés comme « personna non grata » ce jour , et moi je n’en fini plus de me gratter la moustiquaire.
Susa , assez riz, je suis au pied du col du mont cenis.
Apres avoir fait le plein de boissons et victuailles, j’aborde, non sans appréhension, ce dernier obstacle, qui nul doute sera difficile .
Le compteur n'indique plus qu'un seul digit durant ces 30 kilomètres d’ascension , difficile et interminable malgré le paysage grandiose.
Mais si la circulation est presque inexistante à son début, elle devient plus consistante sur le sommet , où, les : Marcel, Renato et autres bofs sont légion dans leur mobile home.
Han, han, le col , la France, la dent parrachee en face est encore la, à moins que ce ne soit un autre sommet, à vrai dire , je m’en fou.
Ouf la descente, mais le fort vent de face dans la vallée de la Maurienne rend la progression pénible, malgré la circulation fluide depuis l’avènement de l’autoroute.
Aiton , Loana la boulangère, ayant mis ses miches au repos, car il est lundi, c’est en tapant dans les graisses que je rentre péniblement en Favergie.


Il est alors 19 heures : Repos du guerrier.