Italia 2004 ou le
retour aux sources
1er jour aller Faverges Mortara
313 km
Ultimes préparatifs
, pas sommeil c’est donc en pleine nuit ,laissant quelque gent dame et sans dormir que je pars,
tel un saumon, remonter le fleuve de ma vie afin de collecter les informations
concernant mes ancetres.
Et bien mes aieux, c’est angoissé , que je quitte Faverges
en ce dimanche, à l’heure ou les noctambules déambulent
et distillent leur solitude.
C’est l’occasion de tester mes habits de lumière ,
mon éclairage et ma bonne etoile
La circulation est calme, la vallee se meut tranquillement.
Moutiers, première frayeur : je suis pris a parti
par des jeunes beurres et beurrés, sortant d’un night club.
Après Bourg saint Maurice , sur cette route de
vallée peu intéressante, mais calme à cette heure,
débute la longue ascension vers le col du petit Saint
Bernard , marquant le confin du territoire français.
Le jour est déjà bien entamé et les montagnes de
la Vanoise s’éclairent progressivement , la dent parrachée
majestueuse est très belle , surmontée de son glacier.
L’allure est tranquille et souple, mais je marque plusieurs courts
arrêts de sommeil car je n’ai pas dormi du tout en cette nuit.
Après la Rosière , les conditions changent
, la montagne , la vraie, est bien la, la végétation est
rare, le vent de face se lève, rendant la progression difficile
Mais les anciens hospices sont toujours présents, peu avant le
sommet du col.
Ouf le sommet enfin, à droite,
Lancebranlette, la bien nommée , à gauche
le mont blanc vue en coupe est particulièrement impressionnant.
Ca y est : l’Italie, la circulation est a présent forte ,
resurgissent alors les souvenirs des voyages d’antan, «
in italie con la fiat »
Me voici sur la gran' route, Aosta étouffe,
et moi je craque lorsqu’un rayon cède inopinément.
Mais heureusement,les séances de sophro de la mère Blondel aidant, je répare prestement
malgré la sueur dégoulinant sur mon front. « Sono
bagnato de la tête aux pieds. »
Dans cette moche vallée , le fort vent de face
et la chaleur malgré la « dorea baltea » déversant
son eau verte écumante, rendent l’avancée pénible.
Ivrea, Vercelli, du riz et du mais à
perte de vue.
Peu après Mortara , un magnifique champ derrière
le mais , me propose son accueil.
Apres une douche bidonnée, mais savonneuse , et chaude, les bidons
ayant chauffés toute la journée sur ma Fanny, je me glisse
subrepticement sous la tente, afin d’échapper a la horde
des moustiques. |
Lundi, 2eme jour
aller : Mortara Nervesa 350 km
Fatigué je le suis , bien
que la nuit fut calme, me voici réveillé en sursaut a 5
h, et sans hésiter, je suis prestement on « the road again
» , en moins de temps qu’un escadron en alerte , motivé
par les moustiques.
Grain turc, riz, camions , et vigne , circulation intensive sur une route
dite « statale « et peu large, mais les italiens visent mal,
car à plusieurs reprises le coup passa si près que ma casquette
tombit.
L’Italie grouille, l’Italie se grouille et moi, je me dépêche
afin de ne pas finir en civet de cycliste
J’opte pour le centre ville de Pavia
afin de voir autre chose de l’Italie
Belles façades ocres, jolies filles a la peau tannée, pavés,
terrasses et dolce vita , cette bourgade me charme. , mais il faut reprendre
rapidement l’asphalte.
La chaleur étant insupportable, je dois marquer plusieurs pauses
.
A Crema, un café bien entendu, afin d’essayer
d’éponger la précédente nuit sans sommeil.
Je continue à visiter les stations services, qui proposent des
boissons énergétiques et la bière à des prix
raisonnables.
La circulation est infernale, épouvantable, le moindre écart
peut me conduire à la mort c’est la roulette italienne :
vais je servir de viande hachée au risotto ?
Heureusement nous sommes non loin de Modena, la pays de la ferrari, les
lignes blanches et les sémaphores ne sont qu’une toute petite
indication
C’est promis « Plus jamais ça «
Marre du mais, marre du riz, marre des camions, j’opte à
nouveau pour Lodi centre « oh les belles fesses,
elles ne sont pas a mathieu mais belles et bien a calypige, une des deesses
italiennes »., j’adore l’Italie et les villes italiennes
A Desenzano le long du lac de Garde, un petit air d’adriatique
plane au dessus de la région : palmiers, touristes, et de nombreuses
peripateticiennes proposent leurs charmes entre asphalte et mais : «
sordide et affligeant »
Celles ci m’encouragent d’un signe de la main, charmant, à
moins que ce soit un signe de détresse. « Non merci, excusez
moi, mais j ai mon cycle leur dis je en substance»
A défaut de beaux panoramas j’ai le temps de lire les nombreux
panneaux qui longent la statale
Quelques uns sont étonnants , tel le premier :
« Mr Kazanova propose des robes de mariées » , cela
ne s’invente pas Tel le second propose de la publicité pour
un sexe shop », l’Italie est vraiment étonnante.
Apres un petit detour sur l’autoroute que je suis obligé
de quitter en portant Fanny sur le dos, Verona la belle
enfin.
Pas le temps de visiter bien sur, car j’ai toujours mon cycle, de
plus il est deja l’heure de l’aperitif du soir, et Franco
le cousin italien doit deja s’impatienter devant une ombra.
Clic clac, la place, les arenes, les flaneurs , Verona
tu es belle, je reviendrai sans mon cycle, avec une autre belle peut etre.
Castelfranco enfin, la Vénétie la vraie,
sur une petite route de campagne, la vigne, les trattorie, la forte odeur
de mais, tout me rappelle cette Italie que nous connaissions « une
volta » , durant les vacances.
625 km d'enfer pour un peu de bonheur.
A présent la nuit est bien avancée, les italiens discutent
sur les places, les batraciens croassent, , la nuit italienne est envoûtante
La nuit noire a present, les panneaux inexistants en italie, “scusi
la strada per”, je suis obligé de reviser mon italien, hanté
par la peur de finir au fond d’un champ de mais, mais je m’en
sort plutot bien, puisque me voici presque arrivé.
Giavera, Bavaria , la via del paradiso
enfin, la derniere côte menant a la maison de mon grand pere, et
à présent de mon cousin : est tuante.
21 h franco tres inquiet est bien la . Ouf, Ciao, “bevi une
ombra ....... ” |
1er jour Retour Nervesa della
battaglia (Vénétie) – Castiglione 238 km
Le carillon, de Nervesa
égrène sa mélodie, l’orage gronde au loin,
la venetie qui a soif attend impatiemment cette pluie .
J’opte pour les petites routes , en effet le parcours entre campagne,
canaux d’irrigation, est envoûtant, mais je louvoie, les kilomètres
s’accumulant parfois en boucles.
Je suis obligé de sortir de ma réserve légendaire
« Scusi la strada per « . « Prima a sinistra, dopo primo
il secondo grain de mais… »
Apres cette partie de campagne , A Vicenze je retrouve
la ville , le centre est tellement beau que j’en effectue deux fois
le tour
Je réussi a éviter Verona et sa
marche d’approche sur ses artères grouillantes.
Me voici a nouveau en Lombardie, « orage o désespoir »
d’immenses éclairs zèbrent toute la voûte céleste,
la pluie cingle ma capote, mais Fanny résiste
Tête baissée dans le guidon, yeux fermés je dors presque
« Ciao ciao « entends-je tout a coup, « Tiens,
déjà un ange qui m’accueille en enfer ? » Ma
dio bestia, c’est Callipyge
de Mantoue qui vient de me doubler.
Voici miss mais, à VTT,
ruisselante de pluie dans son body, à damner un sacristain.
« T’es d’où toi lui dis je dans la langue de Dante
? » « Nous conversons quelques trop courtes minutes »,
je lui propose un petit coin de parapluie, ou la moitiè de ma capote moite »
mais : damnation, la pluie cesse et nous devons nous séparer.
Chacun sa route, chacun son chemin, la pluie bienfaitrice ayant cessé,
je louvoie sur de belles collines.
Solferino, Rivoli, non , nous ne sommes
pas à Paris, mais bien sur les lieux de batailles de Napoléon.
La pluie ayant repris, je décide de dormir sous le préau
de la salle paroissiale d’un hameau de Castiglione
Ou Don Andrea et ses ouailles m’offrent un café.
«Roublou rababla » , nous parlâmes ainsi l’italien,
le vrai , la bière aidant, l’occasion est belle , le curé
intéressant en effet, ici, en Italie on parle essentiellement le
patois , le dialecte local.
Et si en Vénétie je comprends cette douce musique , les
Lombards, ces sauvages je ne les entends pas du tout.
La nuit sera donc à l’ombre de la chiesetta gérée
par Don Andrea.
|
| 3eme jour retour Torino Faverges
216 km
Il fait encore nuit, mais je dois
filer d’ici, avant que la circulation et les moustiques ne me tuent.
Les Alpes sont à nouveau la, devant moi, la route est belle et
déserte, les camions étant considérés comme
« personna non grata » ce jour , et moi je n’en fini
plus de me gratter la moustiquaire. Susa
, assez riz, je suis au pied du col du mont cenis.
Apres avoir fait le plein de boissons et victuailles, j’aborde,
non sans appréhension, ce dernier obstacle, qui nul doute sera
difficile .
Le compteur n'indique plus qu'un seul digit durant ces
30 kilomètres d’ascension , difficile et interminable malgré
le paysage grandiose.
Mais si la circulation est presque inexistante à son début,
elle devient plus consistante sur le sommet , où, les : Marcel, Renato
et autres bofs sont légion dans leur mobile home.
Han, han, le col , la France, la
dent parrachee en face est encore la, à moins
que ce ne soit un autre sommet, à vrai dire , je m’en fou.
Ouf la descente, mais le fort vent de face dans la vallée de la
Maurienne rend la progression pénible, malgré la circulation
fluide depuis l’avènement de l’autoroute.
Aiton , Loana la
boulangère, ayant mis ses miches au repos, car il est lundi, c’est
en tapant dans les graisses que je rentre péniblement en Favergie.
Il est alors 19 heures : Repos du guerrier. |