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Circuit des Aravis 2010

Randonnée à bicyclette autour du lac Léman et les cimes : 2010

Et comme dit la Giovanna "Te si il contraio della legge di Dio" , c'est de Faverges que claudio prend le départ de ce fameux circuit des Aravis. Dernier parti d'Annecy et premier arrivé donc, tel est le paradoxe de cette bambée.

4h 30 en englannie : de très méchants nuages noirs traversent le ciel, poussés par un violent vent du Nord : "Bah, ce vent devrait chasser les nuages" : me fit Fanette, qui visiblement n'y croit pas et n'a pas enfilé son imprimé fermière, mais sa fourrure d'inuit.

Nous avançons cahin cahin par la piste cyclable, puis le long du lac, vers la première bosse du parcours de ce fameux Bcmf : certains la nomment le Thoron, d'autres la côte de Talloires, en tout cas un véritable col de 4,7 km menant à Bluffy.

Les appuis sont incertains, les sensations mauvaises, quelques palpitations traversent mon joli thorax. Vitesse minimum, tout à gauche, il serait dommage de mourir ainsi au petit matin : A moins que ce ne soit un de ces noctambules jouant au Fangio dans les virages de la côte qui m'envoie en enfer.

Encore une fois raté , l'ambiance est fantasmagorique , le lac s'agite en contre bas, les nuages encapent le semnoz : Beau et inquiétant..

Passé la route, ou plutôt le gymkhana des Marais de l'allée, je retrouve le défilé de Dingy, alors que les pompiers s'affairent autour d'un véhicule , gisant les quatre pattes en l'air sur la bande cyclable : "Encre raté , la mort .."

Il est 6 h 30 déjà lorsque nous voici au départ : les rangs sont clairsemés, les cyclos sont déjà presque tous partis : Saluant le Alain Hauet, avalé un café , nous voici donc officiellement par Argonnay , cheminant vers Cruseilles.

Quelques bosses assassines constituent un petit déjeuner plutôt copieux , ça promet .

Nous apprécions ce beau parcours champêtre, en balcon de la vallée.

Au détour d'un virage, une ferme des années 30, côtoie les villa cossues des pauvres travailleurs frontaliers.

Mon regard se pose un instant sur le pont de la caille que l'on distingue dans la verdure.

Âpres de belles suées déjà, voici Cruseilles.

La route s"éleve vers le plateau du même nom.

Bien que la pente soit relativement douce, dans la foret, l'avancée est pénible, car le vent du Nord souffle très fort.

L'ambiance est inquiétante, les nuages, rasent le sol, quelques grains passent mais la folie des cyclos est plus forte.

Sur le plateau du Salève le brouillard qui se déchire laisse entrevoir le bassin lémanique en contre bas, ainsi que de belles fermes.

Ouf, premier contrôle à la Croisette , bien à l'abri du vent : Les ravitaillements étant ma foi fort copieux, l'envie me prend de rester plus longtemps, attirés par le socce et les abricots...

Il faut à présent repartir au coeur de ce joli massif des Bornes, en direction de La Muraz par une descente plutôt raide.

Mais voilà , la même bosse assassine se présente en face afin de remonter le vallon en direction d'Arbusigny.

Et par un dernier coup de rein, entre villas cossues et bouses de vaches, nous plongeons vers la fameuse vallée de l'Arve en direction de Reignier.

A ma gauche on devine Annemeasse et Genève qui attire le frenchie comme la m .., les mouches, en face le Môle (pas le grand, le petit), et sur la droite au delà du Bargy, le massif du Mont blanc.

Nous roulons à présent seuls sur cette D 4, assez dangereuse car complètement inadaptée à l'augmentation de la circulation.

Le vent est devenu à présent un allié précieux et c'est sans pédaler pratiquement que je rallie le deuxième contrôle à Saint pierre en Faucigny.

Quelques victuailles avalées prestement car l'heure tourne, nous voici bons derniers à cheminer entre autoroute et zones artisanales au pied de la côte du Mont Saxonnex.

La route qui remonte les gorges du torrent du Bronze, présente une pente sévère , au delà des 10 pour cent : "Le président organisateur avait raison .."

C'est vrai qu'elle secoue cette garce :"Hi-han", " allez 6 km, 5,9, 5,8 .." ,tout à gauche, le compteur affiche un seul digit, la route est belle mais dure, d'autant plus que quelques pollueurs en 4*4 me stressent , en me rasant les sacoches.

Ouf, le village , pas mal en effet : glou glou au bassin, clic-clacà la belle chapelle pour faire plus cyclotouriste, et c'est sous les encouragements de la foule en délire que je plonge sur Vanzy, en vue de la ville de Cluses en contre bas.

Vanzy, vas-y , voici le tant redouté col de la Colombière . Pour l'avoir gravit plusieurs fois, je crains le pire.

Les 5 premiers kilomètres grimpent par une pente ma foi supportable, aux alentours des 7 pour cent, pour s'adoucir par la suite quelques hectomètres avant le fameux village du Reposoir.

De repos il me faut ne pas trop en prendre, car je suis déjà hors case pour atteindre le troisième contrôle : mais que neni.

A présent les données sont simples, 7,6 km exactement pour 700 m de dénivellée, autant dire une sinécure pour un phacochère en goguette.

Ne nous affolons pas, et faisons parler toute la science du vieux cyclo endurcit.

Plus petit pignon , je tourne tranquillement les jambes tout en admirant le paysage : les montagnes abruptes sont bien enneigés du fait des chutes de la nuit.

En contre bas la Chartreuse du reposoir est paisible, alors que les rousses carmélites se préparent aux vépres, le torrent ronronne et le vent hurle dans les mélèzes qui s'accrochent au delà des alpages.

Voic la borne "Colombiere 3 km" , une paille pensez-vous : mais voilà , 300 m d'altitude à prendre encore pour atteindre le nirvana enneigé.

Le col est à portée de main, bien visible, il suffit de tendre le pouce pour l'atteindre.

Les crampes mes prennent, m'obligeant à la marche à pied sur quelques mètres.

Je m'apprete à passer le col en solitaire, les bras en Vé en guise de victoire, lorqu'un cyclo, déguisé en couraillon me déboîte sans coup férir à quelques encablures de la pancarte sommitale.

Un groupe de cyclos s'affère à la traversée des grandes Alpes : je roulerai par intermittence avec eux sur une bonne portion du parcours.

Le vent décorne les boeufs et fait voler les frêles vélos de mes couraillons alors que Fanette plus ronde et solide sur sa béquille ne bronche pas.

Ayant enfilé tout ce que je pouvais sur le dos, maillot pull et polaire , je plonge dans le vallon menant au Grand Bo, alors que de méchants nuages noirs tournoient autour du massif de l'étale et de la Tournette.

Cette fois ci la punition est assurée, mais grace au vent qui souffle toujours du Nord, ces moutons noirs passent et le cyclo peut avancer sans trépasser.

Il faut à présent remonter par La Clusaz , ce fameux col des Aravis, alors que la circulation qui s'intensifie m'agace franchement, doublé par une fatigue grandissante .

Ayant passé sans coup férir la ville de Groupiron et son clocher à bulbe, le col, qui présente une pente assez moyenne est escaladé tranquillement.

Je quitte mes couraillons d'Ussel au sommet pour me laisser glisser tranquillemnt vers La Giett' et Flumet par les gorges de l'Arondine.

Je jette un oeil furtif au troisième clocher à bulbe de la journée, et puis au 4 eme à Saint Nicolas la Chapelle, pour rejoindre le Pont de flon que les autochtones connaissent bien.

Voici le dessert à présent : La bosse d'hery sur Ugine,bien que longue d'à peine trois kilomètres, fait bien 3000 mètres comptés pas à pas, tant la pente est rude, redoublée par la circulation infernale des gorges de l'Arly, fermées pour travaux.

Hery sur Ugine marque la fin de la galère , il suffit à présent de se laisser glisser sur Ugine, tout en admirant les montagnes moult fois visualisées :

Le massif des Saisies et Bisanne, les Bauges en face, tout en serrant sa droite, le guidon et les fesses.

La rentrée sur Faverges par la piste , heureusement cyclable n'est qu'une formalité malgré un vent qui tarde à se calmer.

Il est alors 19 h 15 : largement dans les temps impartis donnés pour 20 heures : Fanette est toute heureuse d'avoir réalisé son premier BcmF.